Carpentras, la ville maudite ? Pas si vite !

Carpentras 2026

Entre brocante, street art, préjugés et rendez-vous manqué avec Ernest Pignon-Ernest.

Carpentras ? Sérieusement ?

Samedi soir, illumination existentielle. Et si demain on allait à Carpentras ?

Oui, je sais… Sur le papier, ça ne fait pas franchement rêver. Mais tant qu’à faire, autant viser l’exposition d’Ernest Pignon-Ernest à l’Inguimbertine et profiter de cette fameuse brocante dominicale dont j’avais gardé un excellent souvenir.

Deux bonnes raisons de prendre la route !

Carpentras, la ville maudite ?

Il faut reconnaître une chose : Carpentras n’a pas eu la meilleure campagne de pub de l’histoire.

En mai 1990, la profanation du cimetière juif fait la une de toute l’actualité française. Trente-quatre tombes sont profanées, une dépouille est souillée. La France est sous le choc. Un événement abominable qui marque durablement les esprits.

Et dans l’inconscient collectif, Carpentras devient presque une ville maudite. Son image en prend un sacré coup, et cette réputation va lui coller à la peau pendant des années.

Mais ce n’est pas tout.

Aujourd’hui encore, quand je parle de Carpentras dans mon salon, j’entends des perles. On évoque notamment la population d’origine maghrébine, comme si cela suffisait à résumer une ville. Je rapporte ici les propos et les préjugés que j’entends, pas mes convictions.

Depuis quand l’origine des habitants devrait-elle déterminer la valeur d’une ville ? À ce rythme-là, autant demander un bulletin trimestriel aux communes !

Bref, plutôt que d’écouter les spécialistes de Carpentras qui n’y mettent jamais les pieds, j’ai testé une méthode révolutionnaire : y aller !

Dimanche matin : Indiana Jones du bibelot !

Nous voilà donc partis avec Pascale.

Première étape : la brocante !

Et là, franchement, quel plaisir ! Des antiquités, des objets improbables, des petites pépites, des trouvailles dont on ne sait absolument pas quoi faire mais qu’on a soudainement envie de ramener chez soi.

Des prix encore accessibles, une ambiance sympa… Bref, le genre d’endroit où je pourrais passer des heures sans voir le temps filer.

Et pendant ce temps-là, Carpentras nous réserve d’autres surprises.

C215, l’art dans la rue !

C215 Carpentras 2026
C215 Carpentras 2026

En 2024, la ville a invité C215 à investir ses rues avec son travail de pochoirs et ses portraits reconnaissables entre mille.

Une belle initiative qui transforme la promenade en véritable chasse au trésor artistique.

On lève les yeux, on tourne au coin d’une rue, et hop, une nouvelle œuvre apparaît.

L’art descend dans la rue, s’invite sur les murs et donne une autre dimension à la balade.

Et ça, j’aime !

Une ville qui essaie de reprendre des couleurs

Il faut aussi reconnaître les efforts des différentes municipalités. De droite comme de gauche, les maires successifs ont manifesté un véritable attachement à leur ville et ont tenté, chacun à leur manière, de lui redonner de l’élan.

Parce que Carpentras traîne une réputation compliquée, et il faut bien reconnaître que certains commerces ont baissé le rideau.

Or, une ville vivante, ce sont aussi des boutiques ouvertes, des terrasses animées, des commerçants, des habitants qui se croisent. Sans commerces, les rues perdent forcément un peu de leur âme.

Alors oui, il faut saluer les initiatives pour faire revenir du monde : culture, événements, animations et rendez-vous populaires.

À Noël, par exemple, Carpentras sort le grand jeu avec ses spectacles dans les rues, ses illuminations et sa patinoire.

Peu importe la couleur politique, ce qui compte, c’est cette volonté de faire bouger les choses.

Une ville ne se relance pas avec une baguette magique, mais visiblement, certains essaient de ne pas baisser les bras !

Et Ernest dans tout ça ?

Ah, Ernest Pignon-Ernest !

Notre objectif de départ, tout de même !

Nous avions prévu de découvrir son exposition à l’Inguimbertine. Mais entre la brocante, les ruelles, les œuvres de C215 et nos petites escapades, le temps a filé.

Résultat : nous avons raté notre rendez-vous avec Ernest !

Désolé Ernest, ce n’est que partie remise. Promis, on revient. Et cette fois, on regardera l’heure !

Finalement, Carpentras, c’est peut-être ça : une ville qu’on croit connaître à travers les clichés, mais qu’on découvre autrement quand on prend la peine de s’y arrêter.

Une ville avec ses blessures, ses difficultés, mais aussi son patrimoine, ses initiatives et ses belles surprises.

Carpentras, on reviendra. Et cette fois, Ernest, on ne te posera pas de lapin !


LES BONS PLANS HORS-CADRE À CARPENTRAS

Parce qu’une ville se découvre aussi en prenant son temps, voici notre suggestion pour profiter de Carpentras.

1. La brocante du dimanche matin

Pour commencer la journée, direction la brocante du dimanche matin. Antiquités, objets insolites et jolies trouvailles : de quoi prendre son temps et fouiller sans regarder sa montre.

2. À la recherche des œuvres de C215

Après la brocante, partez flâner dans le centre historique à la découverte des portraits au pochoir réalisés par C215 lors de son invitation en 2024.

Une balade artistique à ciel ouvert, gratuite et accessible à tous.

3. Ernest Pignon-Ernest à l’Inguimbertine

Direction ensuite l’Inguimbertine pour découvrir l’exposition consacrée à Ernest Pignon-Ernest.

Bonne nouvelle : devant son succès, l’exposition est annoncée comme prolongée jusqu’à fin décembre.

Une belle occasion de découvrir ou redécouvrir le travail de cet artiste majeur de l’art urbain.

4. La synagogue de Carpentras : une autre visite à prévoir

Et pour la synagogue, on garde une autre occasion !

Fondée en 1367, elle est considérée comme l’une des plus anciennes synagogues de France encore en activité.

Un lieu exceptionnel, chargé d’histoire, qui mérite une véritable visite et surtout du temps pour en apprécier toute la richesse.

Renseignez-vous auprès de l’office de tourisme pour les modalités de visite.

LE CONSEIL HORS-CADRE

Notre programme idéal ?

  • Le matin : la brocante du dimanche.
  • Ensuite : une balade dans les rues à la recherche des œuvres de C215.
  • L’après-midi : l’exposition Ernest Pignon-Ernest à l’Inguimbertine.

Et on reviendra une autre fois pour prendre le temps de visiter la synagogue.

Pas besoin de courir partout. Une ville, ça se découvre aussi tranquillement !

Hors-cadre, le magazine d’un curieux.

By AM

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